Carène

 

La nuit s'éveille

La nuit s'éveille
Un regard de verrière
Un pas de feuillage sous la lampe
Une fleur glanée dans le silence
C'est la caresse du rêve
Qu'enchevêtre la muse
Une odeur de vent
Une musique qui bat de l'aile

C'est une plage de tendresse
Au bord de l'amour

 

La porte close

C'était une porte sans vitrail
Avec une ancre verrouillée
Chaque soir
Mes silences en haillons
Frappaient
Leurs trois coups de misères
Derrière l'oeil magique
Derrière le pan verni
Une dame en bitume
Ouvrait d'un cran
La grille perfide

Une main de platine
En oeil-de-perdrix
S'écaillait
Sur le heurtoir
De mes blessures interdites

 

L'ombre chinoise

Sur les labours exténués
Le soleil décalquait
Nos silhouettes filiformes

Vous auscultiez ma présence
Et je palpais
Sous la cruelle réverbération
Des roches nues
La mince écorce de votre visage

Je cherchais votre coeur
Comme on cherche l'ombre

 

Voyage

J'avançais au pas de mât
J'avais des bateaux pleins les mains
J'apprenais sur la voile nue
La tranquille vérité
Des quais en éclipse

Dans le ciel

Les étoiles

Sonnaient

Le glas


Solange Tremblay

 

 

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